14 janvier 2016

Le projet

par Antonio Rodriguez
directeur du Printemps de la poésie

 

« La poésie, cette langue que personne ne parle et que tout le monde comprend. » (Musset)

 

Le retour du Printemps

Après le succès de la première édition, le Printemps de la poésie s’éveille pour la deuxième fois en Suisse, dans tous les cantons francophones et même outre-Sarine (Zurich, Berne). Pendant une quinzaine de jours, dont le centre est le 21 mars, journée mondiale de la poésie (UNESCO), de nombreux événements (soirées, rencontres, débats, ateliers) vont permettre la redécouverte de cet art et de cette pratique qui ont lieu au quotidien, et dont nous n’avons pas forcément conscience. Pour la deuxième édition, ce festival prend de l’ampleur : le double d’événements, des soirées de qualité, des partenaires prestigieux ainsi que des lieux alternatifs. Il y en aura ainsi pour tous les goûts, avec de nombreuses découvertes possibles.

 


 

Les trois thèmes de 2017

La poésie et le cinéma

Cette année, le Printemps met l’accent sur la poésie au cinéma, par-delà la lecture des textes. Existe-t-il des films poétiques ou lyriques (T. Malick) ? Que font les poètes lorsqu’ils sont scénaristes (J. Prévert) ? Quelle est la figure du poète aujourd’hui (J. Jarmusch) ?

La poésie et le « monde musulman »

Par-delà les clichés et les peurs qui parcourent l’Europe, que nous disent les poètes syriens ? Comment unir les langues, comme l’arabe et le français ? Comment comprendre les poésies en turc, perse ou urdu, qui ne sont pas en arabe ?

Par-delà les murs et les langues

Tous les espaces peuvent être investis par la poésie. Les surprises du festival viennent souvent des lieux ; comme un récital dans une maison de la littérature (MRL) ou de la poésie à l’EPFL chez un romancier SF (A. Damasio)

 


 

Les objectifs du Printemps

  • rassembler les énergies de ceux qui œuvrent tout au long de l’année pour la poésie en Suisse romande ;
  • montrer que la poésie intervient dans les différentes étapes de la vie, dans des moments cruciaux du quotidien ;
  • rappeler le spectre de la poésie dans la communauté : des objets les plus pointus (académiques) aux apprentissages les plus rudimentaires (les premières comptines) ;
  • mettre en évidence les fonctions sociales et anthropologiques de la poésie : de l’Antiquité à nos jours ;
  • donner une image créatives des institutions culturelles ;
  • cultiver l’originalité des rencontres, des formules, l’humour.

 


 

Tous partenaires d’un même élan

Ce festival n’aurait pas la même saveur sans ses partenaires. En effet, chaque événement est le fruit d’une initiative autonome, concertée dans un élan collectif, une montée de sève commune. Ainsi, les grandes fondations, les musées, les cafés littéraires, les hautes écoles, les théâtres mobilisent leurs budgets ordinaires, pour mettre en avant la poésie pendant la quinzaine. Il ne s’agit pas de créer des événements de toute pièce, mais de les susciter en même temps dans un espace donné. Tout au long de l’année, les partenaires réalisent des événements, développent des projets consacrés à la poésie. Et, pendant la quinzaine, nous tenons à mettre en valeur leurs actions au quotidien.

 


 

Comment est né et qui soutient le Printemps de la poésie ?

L’idée d’un Printemps consacré à la poésie n’est pas nouvelle ; elle a été mise en place en France ou au Québec depuis de nombreuses années. En 2016 est né le Printemps de la poésie en Suisse, en partant de la Suisse romande. Il s’agissait alors de mettre en valeur la poésie (ses diverses pratiques, esthétiques ou non) et non seulement les poètes. Car les poètes ne sont pas les détenteurs de la poésie ; ils la partagent avec de nombreux acteurs parfois peu visibles (éditeurs, journalistes, critiques, lecteurs, comédiens).

Ce qui fait la spécificité de ce festival, c’est son origine, son développement et son modèle économique. D’abord, il y a une université, l’Université de Lausanne, qui a lancé l’idée du Printemps, avec le soutien de la direction et de la Faculté des Lettres. Pour ce festival, elle s’est associée au réseau des librairies Payot (12 librairies dans toute la Suisse romande). La librairie reste un partenaire fondamental dans la diffusion du livre de poèmes, et il s’agissait de dynamiser la visibilité de la poésie au quotidien, par-delà la quinzaine (voir la sélection « Option poésie »).

L’Université soutient la gestion du festival, par une équipe de programmation et de communication, qui m’accompagne. Je suis également entouré par un comité qui me conseille dans les grandes lignes du festival ou qui s’occupe de certaines régions. C’est là le ressort initial. Ensuite, il s’agit de mettre les partenaires ensemble, de réunir les énergies aux mêmes dates.

 


 

Pourquoi une université développe le Printemps en Suisse ?

Par la création et le soutien du site poesieromande.ch (dès 2011), l’Université de Lausanne s’est inscrite dans une dynamique de recherche, de collection d’information et de médiation sur la poésie contemporaine, qui a permis de souligner et de rassembler la grande quantité d’acteurs poétiques en Suisse romande. Par ses orientations générales, l’Université de Lausanne tend à développer un « laboratoire ouvert » sur la ville, sur les pratiques d’aujourd’hui, de réfléchir sur le monde contemporain. Et ce festival s’offre comme un « laboratoire ouvert » de la poésie.

Qu’est-ce que la poésie ? Quelles sont ses formes aujourd’hui ? Comment se mêle-t-elle à d’autres arts ou à d’autres genres ? Ces questions trouvent des réponses par des pratiques, des séries d’événements, au lieu de s’ancrer dans la seule théorie.

 

 

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